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Leur réussite tient au fait qu’elles ont misé sur le conseil et la singularité de l’expérience en magasin. Elles ont su mettre en avant une identité « indépendante » qui, malgré le flou qui l’entoure, constitue une ressource précieuse pour se différencier dans le domaine culturel. Les librairies représentent ainsi bien plus que des lieux où acheter et découvrir des livres : leur succès participe de la montée en puissance de modes de consommation alternatifs, plus « authentiques » et incarnés.
Le livre s’appuie sur une enquête menée en France, pays de « l’exception culturelle », et en Grande-Bretagne, l’un des marchés du livre les plus dérégulés au monde, et mobilise un vaste matériel empirique (entretiens, observations, corpus médiatique). Il met en valeur des traits communs à l’évolution du commerce du livre des deux côtés de la Manche et permet de comprendre pourquoi les librairies continuent d’incarner un modèle désirable d’accès aux ouvrages à l’heure du « tout numérique ».
Il y a une réelle distorsion de plus en plus criante
Certains y verront de la provocation en pleine rentrée littéraire ! Sylviane Sambor, une éditrice de Montmorillon, dans la Vienne, a décidé de promouvoir des ouvrages déjà parus depuis des années. C'est ce qu'on appelle les "slow books", qu'on peut traduire par livres durables. Sylviane Sambor est la directrice de "L'Escampette éditions" : "Je me suis dit que j'allais faire la promotion de vieux livres neufs, c'est-à-dire des ouvrages qui ont été imprimés il y a parfois 25 ou 30 ans dont j'ai des stocks et que j'ai toujours envie de porter vers des lecteurs et des lectrices."
Représentatif de la diversité des librairies et proposant une offre élargie, il permet aux lecteurs et aux internautes de rechercher, réserver ou commander un ouvrage auprès d’un acteur culturel et économique du territoire breton. Côté professionnel·les, il se veut collaboratif et ouvert à toutes les librairies, qu’elles disposent ou non d’un site internet.
Bref, s’il n’y a plus de ventes, s’il n’y a plus de marché, si réellement on ne veut plus nous lire, une maison d’édition ne peut continuer. Jusqu’à la dernière seconde nous nous accrochions encore à quelques espoirs et nous nous battîmes, pour au moins ne pas trop léser nos souscripteurs, tenir encore pour tout envoyer… Ce fut dur, un vrai cauchemar, et puis le dernier bilan est tombé comme un couperet.
Entre janvier et juin 2024, l’Association pour l’écologie du livre a proposé une recherche-action aux libraires de France et de Belgique : la Trêve des nouveautés. L’objectif en était de créer une respiration forte pour les librairies participantes, grâce à la mise à l’arrêt partielle ou totale des achats d’offices, et de proposer un espace de réflexion collective sur la dépendance de la librairie indépendante – et plus largement du secteur du livre – aux flux de nouveautés.
Biblys est un logiciel de gestion d’un site e-commerce, permettant des maisons d’édition et librairies indépendantes de créer une boutique en ligne. Il est spécialisé dans la vente de livres, papier et numérique, qui est régie par des règles particulières. Il a aussi quelques fonctionnalités supplémentaires comme la gestion d’un blog et d’un agenda d’évènements, tous les deux liés à la boutique, ou la création de campagne de financement participatif.
Les libraires reçoivent les jeunes avec leurs envies. Ils parlent avec eux et les orientent dans leurs choix avec leur connaissance de la production éditoriale mais aussi avec tact. C’est peut-être vers ce dialogue que les politiques culturelles doivent se redéfinir.
Pour le porte-parole de l'AMEB, il faut que la Bretagne réussisse à travailler "en circuit court".
"Aujourd’hui, et c’est très bien, on se demande d'où vient son plan de tomate, ou ses carottes, mais il faut se demander aussi d'où viennent les livres et les disques qu'on aime lire ou écouter. Il y a des choses formidables qui sont faites ici, il faut que cela se sache, et que cela soit accessible aux gens.
"C’est une période difficile, il faut soutenir les salariés de "Coop Breizh". Et trouver une solution pour en sortir, une solution durable. Un livre ne se fait pas en 15 jours. Il faut des mois, des années. Il nous faut donc une perspective".
librairie en SCIC à Augan (56) et soucieuse de l'écologie.
"Prenons un livre de 168 pages vendu 17 € TTC comme livre papier (avec accès inclus à la version numérique) et 4,99 € TTC en livre numérique. Nous vendons ce livre par des canaux très différents :
pour le papier : en librairie avec distribution par notre distributeur ou en distribution directe pour les rares librairies qui ne sont pas en compte avec ce distributeur, en vente directe sur notre site ou lors d'événements, ou sur des plateformes comme Amazon et fnac.com,
pour le livre numérique sur des plateformes ou en vente directe sur notre site.
"
"Une nouvelle plateforme
facilitant les relations entre
les éditeurs auto-distribués
et les libraires."
"Ce mode de fabrication, transparent pour le tiers final, a des incidences sur les modes d'achat, d'approvisionnement, de commercialisation et les échanges d'informations entre professionnels. "