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Est-ce qu’un tel phénomène pourrait se produire dans les maisons d’édition universitaires ?
Je ne pense pas. Les presses universitaires françaises sont très faibles, contrairement à celles des États-Unis ou du Royaume-Uni. Évidemment, il y en a quelques unes qui sont vraiment excellentes comme par exemple les presses universitaires de Rennes, qui regroupe une douzaine de presses universitaires de l’Ouest de la France. On peut également penser aux Presses universitaires françaises (PUF) qui étaient une maison très importante : elles ne le sont plus aujourd’hui, même si elles continuent de faire un très bon travail. Mais en France, la plupart des universitaires signent avec des maisons d’édition généralistes. Il n’en est pas moins que ces maisons d’édition universitaires sont de toute façon complètement protégées, puisque les universités qui les ont créées en possèdent l’intégralité du capital. Donc de ce point de vue, il n’y a aucun problème : ce sont les universitaires qui décident de tout en leur sein.
« Le livre a toujours été un pôle de résistance »
Le mouvement de science ouverte a-t-il modifié la place du livre dans le milieu académique ?
Le livre et la science ouverte ne sont pas du tout incompatibles. J’y vois plutôt une complémentarité. Dans l’hypothèse où les auteurs récupéreraient leurs droits mais ne retrouveraient pas d’éditeur, ils pourraient immédiatement mettre sur une structure comme HAL les livres. Robert Darnton, historien américain, qui a été le père de tout ce mouvement d’open access, avait fait voter un texte en ce sens par le conseil d’administration d’Harvard lorsqu’il était directeur des bibliothèques : toutes les publications des auteurs devaient être mises en open access, sauf si l’auteur demandait le contraire dans l’objectif de publier son livre ailleurs. C’était une excellente mesure.